Jeudi 11 mai 2006

11.05.2006

Oraison

Voici le texte lu mardi 9 mai pendant l'agit-prop

[MUSIQUE]

Mes bien chers frères, mes bien chères sœurs, en un mot, camarades,



Si nous sommes réunis ce soir, ce n'est pas pour pleurer, mais pour
nous réjouir, non pas de la mort d'un homme, mais de celle d'une idée.

Mais, sache, Sébastien : tu n’es pas mort pour rien.



Sébastien Deyzieu, si tu avais eu des ailes, nous ne serions pas là…
Et tu serais encore parmi nous, mais de l’autre côté, participant à
la lente procession des abrutis d'en face, qui par leurs simagrées,
leurs flambeaux, leurs chants stupides, montrent assurément plus
d'orgueil que de compassion à l'égard d'un des leurs.



Non, Sébastien, tu n’es pas mort pour rien, ne serait-ce que pour
permettre aux antifascistes d’être aujourd’hui rassemblés… Mais
comprends notre frustration face à l’impossibilité d’un affrontement
direct : c’est pourquoi, même si tu n’étais pas un camarade, nous te
rendons hommage ce soir en enterrant l’idéologie absurde pour
laquelle tu t’es sacrifié : le fascisme.

Sache, Sébastien, rejoindre les Voix de la Sagesse, sous ton crâne
rasé maintenant écrasé.



Car la mort n’est qu’un passage, Sébastien. Allumons nos cierges
autour de ton cercueil pour que la lumière dissipe les ténèbres de
ton esprit embrumé, pour que tu puisses revenir dans un monde sans
fascisme, sans capitalisme et sans guerre. Le trouble de ton esprit
n'était, au fond, que le trouble de ta pauvre âme et c’est, comme
cela, bien assez tragique. Non, Sébastien, tu n’es pas mort pour
rien. Repose en Paix Éternelle, nazillon… Ton engagement fut de
courte durée, c’est sûr, mais il est si difficile parfois de prendre
de la hauteur.



Rappelons-nous ce que dit Saint-Jean dans sa première épître : « Qui
n’aime pas demeure dans la mort. Quiconque hait son frère est un
meurtrier. » Prions, mes bien chers frères, mes bien chères sœurs,
pour que l’ensemble des fascistes suive l’exemple du jeune Sébastien,
parti trop tôt, certes, mais parti quand même. La mort n’est qu’un
passage, dont nous saurons leur montrer la voie. Notre manifestation
de ce soir n’est pas tombée du ciel…

Et maintenant, chantons.



[MUSIQUE]

Je vous l’ai dit, et je vous le répète, si nous sommes réunis ce
soir, ce n'est pas pour pleurer, mais pour nous réjouir, non pas de
la mort d'un homme, mais de celle d'une idée.



Toutefois cette joie n’est pas absolue. Loin de là ! Car nous sommes
convaincus que la peste brune n'est jamais tout à fait disparue. À
l'image du Christ ressuscité, force est de constater qu'aujourd'hui,
le fascisme est bien vivant, puisqu’il est ressuscité, avec une
vigueur nouvelle, par l'action de notre probable futur « Seigneur »,
Nicolas Sarkozy. C’est pourquoi, si la mort du fascisme nous réjouit,
nous sommes par ailleurs profondément préoccupés par sa résurrection.



Et qui, plus que nous, peut vivement ressentir cette préoccupation ?
Nous qui, depuis de nombreuses années, n'avons de cesse, dans la
collaboration mutuelle, de barrer la route au fascisme, sous toutes
ses formes. Voilà d’où surgit notre engagement, en réponse aux idées
sécuritaires, autoritaires, racistes et inégalitaires développées par
les partis et groupuscules d'extrême droite.



La présence à cette célébration de frères et sœurs de différentes
sensibilités, libertaires, communistes, anticapitalistes de tous
poils, organisés ou non, à qui nous sommes reconnaissants d’être ici,
est un témoignage de l’œuvre infatigable que nous accomplissons
ensemble, dans la paix de l'antifascisme, pour l'égalité, la
solidarité et la justice sociale. La nécessité pour nous toutes et
tous de poursuivre ce chemin, pour l’édification d’une mentalité de
paix et de respect, accompagne l’idée que tous les antifascistes
doivent être avant tout des témoins de la mémoire. Ne pas oublier que
les nazis allemands, en leur temps, ont eux aussi commencé par de
pitoyables défilés dans les rues de la ville, avant de prendre le
pouvoir et de développer à grande échelle leur projet mortifère. Nous
devons être des témoins et des gardiens responsables de la mémoire.



Mes bien chers frères, mes bien chères sœurs, en un mot, camarades,

N’ayez pas peur ! Cette parole est adressée maintenant à nous,
antifascistes d'aujourd'hui, tel un stimulant pour notre action ;
nous n’avons pas peur de témoigner à nos frères l’amour qui embrasse
tant de peuples, qui abat tant de barrières, qui vainc toute inimitié
et dépasse toute division.

Musique: La Compagnie Créole: "Ca fait rire les oiseaux", Ohoh!

Par scalp - Publié dans : renouveau9mai
- Voir les commentaires - Recommander
Retour à l'accueil

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>

Recherche

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus